Midi Libre du 12 Octobre 2007

A PEZENAS

Visite de Georges Frêche : une foi viticole distillée sans ménagements

Georges Frêche, le président du conseil régional Languedoc-Roussillon, et son vice-président, Max Levita, étaient hier matin à Pézenas.
Accompagnés du maire, Alain Vogel-Singer, du député-maire d’Agde, Gilles d’Ettore, de nombreux élus, les proviseurs de lycées et diverses autorités locales, ils ont procédé à la visite du lycée professionnel Charles-Alliès, puis du chantier de l’Hôtel de Peyrat, futur espace Molière.

Au lycée, la délégation a tout d’abord investi les ateliers, dont la plasturgie, les conducteurs de travaux, la mécanique agricole… Arrivé sur ce dernier pôle, Georges Frêche s’est épanché sur les problèmes de la viticulture. « L’avenir de la viticulture c’est les marchés. Mais les marchés sont saturés ! si on veut s’en sortir, il faut viser les marchés en devenir, le Japon, le Vietnam, l’Inde, les Etats-Unis, la Chine… Pour cela, il faut se regrouper dans « Sud de France », une marque commune que nous avons créée. Mai ici, il y a des têtes dures ! Beaucoup ont adopté «Sud de France », mais d’autres toujours pas. C’est pas moi, je m’en fous, si il y a des vignerons qui veulent crever, qu’ils crèvent ! Y’a des mecs qui n’ont pas compris… Nous sommes au 13e rang sur 23. Le vignoble ne sait pas de vendre. Il faut aussi demander aux caves de se regrouper. Il en faudrait cinq sur la région, soit une par département. Je ne rêve pas, ce n’est pas demain qu’il y aura une seule cave dans l’Hérault, mais il faudrait aujourd’hui qu’il y en ait dix, tout au plus. Y’en a marre d’être toujours les derniers. Il faut être les meilleurs. A l’image des domaines de Paul mas de Pézenas qui réalise 99% de son chiffre à l’export et à qui nous avons donné 322 000 €. On s’en sortira que par nous-mêmes. On ne peut compter sur personne d’autres que soi. Les départements n’on pas un rond, 70% des budgets sont bouffés par le fonctionnement. L’Etat est en cessation de paiement. Et la croissance des Français pour 2007, je pense qu’elle sera de 1,7% au lieu de 2,5% qu’annonce Sarkozy. J’appelle les viticulteurs qui sont intelligents et qui ont gagné la bataille de la qualité à se battre pour la commercialisation. « Maison du Sud » sera bientôt en Chine, et moi je n’y vendrais que des vins de « Sud de France »… Après cet aparté, le président était invité à rejoindre la cour de l’établissement pour parler aux jeunes lycéens présents. Le proviseur, José Augier, profitait de l’occasion pour une présentation globale et pour remercier les services de la Région pour leur aide précieuse (10 millions d’euros pour réhabiliter le lycée). Avec ses 560 élèves sur le site, cet établissement a été cité en exemple pour son taux de réussite au bac professionnel. Enfin, il a été rendu un vif hommage à Charles Alliès par l’intermédiaire de son fils, Pierre.
Michelle RIVIERE

Le Financement de la Région pour des structures piscénoises
Georges Frêche, affectionne particulièrement la ville de Pézenas, « une merveille des XVIIe et XVIIIe siècles. » Avec sa verve habituelle, il a avoué prendre du plaisir à travailler avec cette ville : « je joue avec tout le monde, moi » Et d’ajouter : « J’aime mieux travailler avec un UMP intelligent qu’avec un Socialiste connard ! ». Comme le confirmèrent les chiffres avancés dans la foulée : 25 millions d’euros consacrés à la ville de Pézenas depuis 2004, 10 millions d’euros pour le lycée Charles-Alliès ; 10 millions d’euros pour le lycée Jean-Moulin ; 900 000 € pour le lycée Charles-Marie de la Condamine ; 330 000 € pour soutenir l’attractivité culturelle sur la ville, dont 85 000 € pour l’espace Molière.


Michelle RIVIERE